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Par Pieter De Smet, Business Line Director Lab at Nexuzhealth — 28.10.2026
Par Pieter De Smet, Business Line Director Lab at Nexuzhealth — 28.10.2026
Pieter De Smet, Business Line Director Lab chez Nexuzhealth
Selon Pieter, les attentes des médecins évoluent. Ils comptent de plus en plus sur les laboratoires non seulement pour fournir des résultats diagnostiques, mais aussi pour les aider à les interpréter et à les replacer dans un contexte clinique plus large.
« On attend davantage d’un laboratoire, mais avec moins de moyens. Il doit donc être plus efficace, plus précis et plus rapide. »
Business Line Director Lab chez Nexuzhealth
En même temps, le médecin prescripteur attend du laboratoire qu’il participe à la réflexion et replace les résultats dans un contexte plus large. Sara constate également cette évolution dans les rapports. « Autrefois, le médecin recevait une liste aride : tel test, telle valeur. Aujourd’hui, un rapport doit montrer clairement quels résultats sont pertinents pour le patient en question et comment ils doivent être interprétés dans son contexte clinique. »
Les patients jouent eux aussi un rôle plus actif. Ils consultent eux-mêmes leurs résultats, posent des questions plus ciblées et s’attendent à des informations compréhensibles. Parallèlement, l’attention se déplace progressivement du traitement vers le dépistage précoce et la prévention. Sara voit également le rôle du laboratoire évoluer dans ce sens. « Le diagnostic intervient à de plus en plus de moments du parcours de soins. Le laboratoire ne se contente donc pas de fournir des résultats, mais aide de plus en plus souvent à interpréter ces informations. »
Les nouvelles formes de diagnostic renforcent cette évolution. Pieter cite notamment les tests génétiques et moléculaires. « Les analyses génétiques telles que le NIPT montrent comment des examens autrefois complexes et coûteux sont aujourd’hui beaucoup plus accessibles grâce à une prise de sang. D’autres tests moléculaires sont eux aussi transférés vers le laboratoire. La chaîne doit pouvoir intégrer rapidement ces nouveaux tests et appareils. » La pathologie numérique apporte également de nouvelles images et de nouveaux flux de données dans le laboratoire.
Ce rôle plus large intervient à un moment où la pression opérationnelle est déjà élevée. Les volumes de tests augmentent, les profils techniques et médico-spécialisés se font rares et les analyses spécialisées sont plus souvent centralisées au sein de réseaux plus vastes. Sara résume la situation : « La qualité analytique est sous contrôle. La principale pression repose sur l’efficacité : les résultats doivent être disponibles plus rapidement, avec moins de personnel et moins de moyens. »
Les laboratoires disposent en outre moins souvent de grandes équipes informatiques internes et souhaitent avant tout concentrer leur expertise sur le diagnostic et l’innovation. Lorsque les logiciels ne peuvent pas évoluer, que les appareils sont difficiles à connecter ou que les mises à niveau exigent beaucoup de préparation, l’informatique devient le goulot d’étranglement. Pour Nexuzhealth, c’est la question centrale de conception : la technologie ne doit pas freiner la croissance du diagnostic, mais doit pouvoir soutenir de manière fluide les nouveaux tests, les volumes et les formes de collaboration.
Selon Pieter, le défi actuel réside non seulement dans l’automatisation des processus, mais aussi dans la flexibilité des systèmes utilisés par les laboratoires. « De nombreux laboratoires sont déjà fortement automatisés, mais les ruptures entre les systèmes restent un défi. En outre, les environnements informatiques existants ne facilitent pas toujours l’intégration de nouveaux analyseurs, tests ou applications. Le diagnostic évolue de plus en plus vite. La technologie doit pouvoir suivre ces évolutions et les renforcer, plutôt que les freiner. »
Un connected lab doit supprimer ces ruptures. « Il faut non seulement connecter les appareils, mais aussi relier les différentes disciplines de laboratoire et l’ensemble du réseau de soins. Des normes communes et des intégrations ouvertes sont nécessaires pour assurer la circulation de l’information. Dans cette optique, Nexuzhealth Lab prend en charge aussi bien la connexion des instruments et des applications que la collaboration entre la biologie clinique, l’anatomopathologie et la génétique clinique.
Sara illustre cette approche avec le dépistage renouvelé du cancer du col de l’utérus. « Un échantillon est d’abord soumis à une analyse moléculaire du HPV dans le laboratoire de biologie clinique. Selon le résultat, un examen plus approfondi est ensuite réalisé par l’anatomopathologie. Pour le médecin et le patient, il s’agit d’une seule demande d’examen. La demande, l’identification de l’échantillon et les résultats doivent donc rester cohérents à travers les deux disciplines, afin d’aboutir finalement à un rapport unique et cohérent. »
« Lorsque plusieurs laboratoires étudient une même question, c’est à eux d’assembler les pièces du puzzle, pas au médecin. »
Product Manager Lab chez Nexuzhealth
Pour Pieter, la connectivité va au-delà de la simple liaison entre un appareil et le LIS. « Un connected lab est relié sur le plan technique, mais aussi par le partage des connaissances. Un biologiste clinicien ou un pathologiste doit pouvoir exploiter des informations pertinentes provenant d’autres disciplines et du Dossier Patient Informatisé centralisé (DPI), sans avoir à rechercher lui-même des éléments éparpillés dans différents systèmes. »
Cette connexion ne s’arrête pas aux murs du laboratoire. Les résultats doivent être disponibles au bon moment pour le spécialiste, le médecin généraliste ou tout autre partenaire de soins qui suit le parcours. Des initiatives européennes telles que l’European Health Data Space renforcent la tendance vers des échanges de données standardisés. Les organisations de soins doivent également convenir des informations à partager, des personnes autorisées à y accéder et de la manière dont elles doivent être interprétées.
« Pour cela, les données doivent être structurées et fiables. Les laboratoires peuvent ainsi suivre les résultats au fil du temps, analyser des processus comme les délais d’exécution et permettre à de nouvelles applications de s’appuyer sur des données exploitables. Un système ne peut être intelligent qu’à la mesure des données sur lesquelles il repose », explique Pieter.
Sara considère l’intelligence artificielle comme un moyen de mieux ancrer le travail structuré dans la pratique. « Un pathologiste a l’habitude de dicter un compte rendu tout en examinant des images. L’IA peut préserver cette manière de travailler tout en convertissant les informations pertinentes du texte en données structurées. » L’information devient ainsi plus réutilisable sans charge d’enregistrement supplémentaire. L’interprétation médicale, la validation et la responsabilité restent du ressort du prestataire de soins.
Sara Moeys, Product Manager Lab chez Nexuzhealth
Un connected lab nécessite davantage que des connexions techniques. Pour Pieter, tout commence par un choix fondamental : rapprocher les disciplines de laboratoire sans effacer leurs spécificités. « La biologie clinique, l’anatomopathologie et la génétique clinique ont chacune leurs propres expertise et processus. Pourtant, elles travaillent de plus en plus souvent sur une même question diagnostique. La technologie doit alors leur permettre de collaborer autour d’une même demande, d’une même identification d’échantillon et d’un même rapport, sans imposer à toutes un flux de travail identique. C’est pourquoi nous développons Nexuzhealth Lab comme un seul LIS basé dans le cloud pour les trois disciplines. »
Cette ouverture ne s’arrête pas aux limites de la plateforme. « Un laboratoire utilisera toujours une combinaison d’appareils, de systèmes d’automatisation et d’applications spécialisées. On ne peut donc pas s’attendre à ce que tout soit intégré dans un seul système. Le LIS doit surtout constituer la couche de liaison qui permet à tous ces éléments de fonctionner ensemble », explique Pieter.
Dans la pratique, cela nécessite des connexions avec des technologies très diverses. « Nous devons pouvoir communiquer avec des analyseurs individuels, des Total Laboratory Automation et des solutions middleware, mais aussi avec des logiciels spécialisés, par exemple pour la génétique et la pathologie numérique. Dans la mesure du possible, nous nous appuyons sur des normes internationales telles que HL7, ASTM et FHIR. Lorsqu’un système s’en écarte, des pilotes modulaires peuvent assurer la connexion. »
La continuité des activités du laboratoire joue également un rôle important. « Un laboratoire ne peut pas simplement s’arrêter lorsque la connexion réseau est temporairement interrompue. C’est pourquoi la Lab Gateway stocke localement les données en mémoire tampon et les synchronise dès que la connexion est rétablie. »
Selon Pieter, cette même vision détermine également la base technologique de la plateforme. « Les laboratoires veulent avant tout consacrer leurs ressources humaines et matérielles au diagnostic et à l’innovation, et non à la maintenance d’une infrastructure informatique complexe. Les technologies cloud native et les modèles Software as a Service (SaaS) permettent de centraliser une plus grande partie de cette gestion technique. La capacité peut en outre évoluer de manière flexible en fonction des volumes, sans que les laboratoires doivent constamment apporter des modifications importantes à leur infrastructure. Ils disposent ainsi de davantage de temps pour se concentrer sur leur expertise et les nouveaux développements diagnostiques. »
Les mises à jour sont ainsi organisées différemment. « Au lieu d’une seule mise à niveau majeure regroupant plusieurs années de modifications, nous procédons par versions fonctionnelles plus petites. Le rythme trimestriel prévu rend les changements plus clairs et facilite également la validation pour les laboratoires. Les mises à jour techniques et de sécurité peuvent également être déployées plus rapidement, sans interrompre les activités quotidiennes. Grâce au principe de zéro interruption (zero downtime), le laboratoire reste opérationnel pendant les mises à jour. »
Une plus grande connectivité exige en même temps des limites claires. « Un écosystème ouvert ne signifie pas que les données peuvent circuler librement entre tous les systèmes », souligne Pieter. « Il faut définir très clairement quelles informations sont accessibles, qui peut y accéder et comment les protéger. La séparation des données, le chiffrement, l’authentification sécurisée et les mises à jour de sécurité continues ne sont donc pas des options supplémentaires, mais font partie intégrante de l’architecture. »
Mais la technologie seule ne détermine pas à quoi ressemblera le laboratoire de demain. Sara met ainsi en avant la pratique quotidienne de l’utilisateur.
« On peut concevoir une solution techniquement solide, mais elle doit avant tout correspondre à la manière dont les personnes travaillent réellement dans un laboratoire. »
Product Manager Lab chez Nexuzhealth
« C’est pourquoi nous n’attendons pas qu’une fonctionnalité soit entièrement développée pour demander des retours. Notre UX designer se rend sur le terrain, observe comment le personnel travaille aujourd’hui et leur fait tester des prototypes cliquables de nouveaux flux de travail. On voit alors rapidement oú informations font défaut, quelles actions sont superflues et ce qui peut être simplifié. Ces connaissances ne s’acquièrent pas derrière un bureau. »
Cette étroite collaboration avec les équipes de terrain constitue également la base du développement futur de Nexuzhealth Lab. « Notre objectif n’est pas seulement de fournir et de maintenir des logiciels », conclut Pieter. « Notre rôle est d’associer l’expertise informatique aux connaissances issues de la pratique quotidienne des laboratoires. Ensemble avec les laboratoires, nous voulons continuer à réfléchir à l’évolution du diagnostic, de la technologie et des données, puis traduire ces enseignements en une plateforme capable d’évoluer avec elle. »
Dans cette vision, le laboratoire du futur n’est pas simplement une version plus rapide du laboratoire d’aujourd’hui. « Le laboratoire devient de plus en plus un centre névralgique du diagnostic », explique Sara. « Un résultat ne se suffit jamais entièrement à lui-même. Il faut pouvoir l’analyser dans son contexte historique et clinique et mettre les informations pertinentes à la disposition du prestataire de soins qui doit les utiliser. »
L’automatisation, les données structurées et l’intelligence artificielle peuvent y contribuer. « Les étapes répétitives seront de plus en plus automatisées. L’IA peut aider à parcourir de grandes quantités d’informations, à reconnaître des tendances et à structurer les rapports plus clairement. Elle ne remplace pas l’interprétation médicale, mais permet aux professionnels de laboratoire de consacrer davantage de temps aux diagnostics complexes, à l’interprétation et aux conseils ciblés. » Pour Pieter, l’ambition finale se mesure à ses effets pour le patient.
« Nous voulons raccourcir autant que possible le parcours menant au diagnostic, afin que les patients reçoivent leurs résultats rapidement et avec précision. Lorsque les laboratoires peuvent mieux relier et interpréter les informations, il devient également possible de détecter plus tôt les problèmes de santé. »
Business Line Director Lab chez Nexuzhealth
« Pour les patients, cela peut signifier moins de répétitions inutiles, un accès plus rapide au bon diagnostic et des résultats plus compréhensibles », ajoute Sara. « En même temps, les prestataires de soins n’ont plus besoin de rassembler eux-mêmes des informations provenant de différentes sources. Le laboratoire peut ainsi mettre son expertise au service du parcours de soins plus tôt et de manière plus ciblée. »
C’est également dans cette direction que Nexuzhealth Lab poursuit son développement. « Nous voulons offrir un socle numérique qui peut non seulement évoluer avec les nouvelles formes de diagnostic, mais aussi contribuer à déployer plus rapidement les innovations sur le terrain », explique Pieter. « De nouveaux tests, technologies et applications doivent pouvoir être intégrés de manière fluide, sans que l’environnement informatique existant ne freine ce progrès. Cette évolution ne peut se concrétiser qu’en continuant à collaborer étroitement avec les laboratoires en tant que partenaire technologique et d’intégration. »
Le titre « From systems to synergies » ne signifie donc pas qu’il faut tout regrouper dans un seul et unique système. Il s’agit de faire en sorte que les systèmes, les données et l’expertise médicale se renforcent mutuellement. Les laboratoires qui y parviendront ne seront pas seulement prêts pour l’avenir des soins : ils contribueront à le façonner.
Pieter De Smet, Business Line Director Lab at Nexuzhealth
Pieter est responsable du développement stratégique du Laboratory Information System (LIS). Il se concentre sur l’innovation, l’intégration et la scalabilité afin de rendre les processus de laboratoire plus efficaces et tournés vers l’avenir.
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Le laboratoire comme carrefour diagnostique
Des disciplines de laboratoire connectées pour des résultats cohérents
Des intégrations ouvertes qui rendent l’innovation possible
Des données structurées comme fondement du partage d’informations et de l’IA
Une technologie adaptée à la pratique du laboratoire
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